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Religion

By: Leona Anderson, Bryan Hillis, Margaret Sanche

Les croyances, appartenances et susceptibilités religieuses et philosophiques des habitants de la Saskatchewan se sont fréquemment croisées au cours de leur histoire, et sont à bien des égard des facteurs d’identité indispensables. Les cérémonies sacrées des peuplades autochtones avant le contact colonial avaient une profonde influence sur leur attitude envers la terre et sur leurs propres interactions. Les colons apportèrent avec eux une diversité de croyances et de pratiques. L’interaction entre le système de croyances des Européens et celui des Premières Nations a joué un rôle important dans le développement de la Saskatchewan. Plus récemment, les immigrants de l’Asie et du Moyen-Orient ont altéré le profil religieux de la province. L’immigration locale, sous certains aspects similaire à celle du reste du Canada, a influencé la composition multiculturelle de la province et accentué les effets de la mondialisation. Le présent essai se charge de donner un aperçu des principaux événements de l’histoire religieuse de la Saskatchewan, et de capturer la diversité qui détermine son profil religieux.

Comme pour tant de formes culturelles, la croissance de la religion en Saskatchewan a été dominée par l’immigration. Comme le montre la Table 1, les immigrants protestants surpassaient tous les autres en nombres au cours des vingt années de croissance exponentielle (1901-1921) : ils représentaient 70% de la population, les catholiques seulement 20%. ANGLICANS, presbytériens (PRESBYTERIANS), catholiques (ROMAN CATHOLICS), méthodistes, congrégationalistes, Luthériens (LUTHERANS), DOUKHOBORS, MENNONITES et HUTTERITES contribuèrent au paysage religieux avec l’arrivée des colons venant du reste du Canada ainsi que des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’Europe, à la recherche de terres,  mais aussi de liberté politique et religieuse. Quand cet afflux cessa aux environs de 1930, la diversité religieuse de la Saskatchewan était bien en place ; il faut ajouter à ceux déjà cités les catholiques ukrainiens (UKRAINIAN CATHOLICS), les baptistes (BAPTISTS), les pentecôtistes (PENTECOSTALS), les orthodoxes (ORTHODOX), les Juifs (JEWISH) et d’autres, bien que ces « autres » n’apparaissent dans le recensement de 1931 que comme bouddhistes et autre « non-chrétiens ». La formation de l’Eglise Unie du Canada   (UNITED CHURCH OF CANADA) en 1925, qui réunissait les congrégationalistes, les méthodistes et la majorité des presbytériens, transforma les statistiques religieuses des recensements ultérieurs ; les congrégations « unionistes » représentent les nombres pour la période antérieure à 1925.

Entre les années 1940 et 1970, la diversité religieuse provinciale demeura relativement stable. Les principales confessions (anglicane, presbytérienne, luthérienne) subirent un léger déclin lorsque l’immigration venant d’Europe diminua, mais le pourcentage de catholiques augmenta un peu. Il y eut en même temps un afflux visible d’immigrants venant de l’Asie, de l’Asie du sud-est, et du Moyen-orient ; les hindous, les musulmans et les Sikhs furent recensés pour la première fois en 1981. Les personnes de tradition autochtone (voir FIRST NATIONS RELIGIOUS OVERVIEW) vivant au Canada ne furent pas recensées en tant que groupe religieux distinct avant 1981, sans doute parce que leurs pratiques n’avaient pas encore été officiellement reconnues.

A l’époque du recensement de 2001, le changement le plus remarquable provenait du fait qu’un résident de la Saskatchewan sur six ne se donnait aucune affiliation religieuse : cela représentait une augmentation de plus de 40% sur le recensement de 1991. Entre 1991 et 2001, le nombre des catholiques (romains et ukrainiens) avait baissé de près de 4%, et celui des protestants de plus de 12%. La confession catholique demeurait pourtant la plus vaste, suivie des églises unie, luthérienne et anglicane : prises ensemble, ces quatre confessions représentaient presque deux tiers des résidents de la province en 2001. Comparée aux moyennes nationales, la Saskatchewan, comme les provinces atlantiques, avait un plus grand nombre de protestants (47%), la moyenne nationale étant de 29%.

Reflétant également la proportion relativement faible d’immigrants dans cette province, la proportion de non-chrétiens est de 2%, comparée à une moyenne nationale de 6%. Ceci est peut-être dû en partie au fait que les récents immigrants provenant de divers pays asiatiques sont tout aussi susceptibles de ne déclarer « aucune religion » que « non chrétien » au cours d’un recensement. Les tendances de l’immigration sont aussi visibles dans la localisation de la population non chrétienne, concentrée surtout à Régina et à Saskatoon. Même si Statistiques Canada ne donne pas de renseignements sur l’appartenance religieuse des Premières Nations, nous savons cependant que dans les réserves ceux qui se déclarent chrétiens sont susceptibles d’être catholiques (39%, comparé à 32% pour la province) ou anglicans (27%, comparé à 7%), et que la proportion de protestants dans les réserves est au-dessous de la moyenne provinciale (35% contre 47%).

Un aspect important de la vie religieuse ou spirituelle de la province est  représenté par les croyances et les pratiques des Premières Nations, qui préfèrent ne pas utiliser le mot « religion » parce que cela encouragerait les non-autochtones à considérer ces pratiques comme séparées de la vie normale. On ne peut être sûr de ce que ces croyances et pratiques étaient exactement avant l’arrivée des Européens et des autres immigrants, mais historiens et spécialistes en études autochtones tentent de les déchiffrer au travers des écrits des missionnaires et des anthropologues, ainsi que des histoires racontées par les anciens. La cosmologie et la philosophie religieuse cries (CREE COSMOLOGY, CREE RELIGIOUS ETHOS), la spiritualité dakota-lakota DAKOTA-LAKOTA SPIRITUALITY) et la vision dénésuline du monde (DENESULINE WORLDVIEW) sont quelques-unes des perspectives sacrées des Premières Nations contemporaines. Ces visions du monde affichent un holisme dans lequel il est essentiel de maintenir un cercle de justes relations parmi les humains et entre les mondes naturel et humain : ce que les missionnaires chrétiens et autres avaient souvent méprisé comme animisme ou polythéisme était en fait une façon de voir l’univers comme une merveilleuse création dans laquelle l’humanité a la responsabilité de conserver ce cercle. Le concept d’esprit créateur unique qui caractérise la plupart des systèmes sacrés autochtones a fréquemment échappé aux missionnaires chrétiens. Des animaux comme le bison, qui avaient un rôle central dans la survie des peuplades des plaines, jouaient un rôle similaire dans leur monde spirituel. Les autochtones offraient leurs prières aux esprits de ces animaux pour demander leur aide, tout en les tuant pour leur usage. Il ne s’agissait pas simplement de consommation : ces animaux faisaient partie intégrante de la création. Les prières d’intercession n’étaient pas faites pour le compte d’une seule personne, mais pour la communauté entière. Des rites religieux comme la danse du soleil (SUN DANCE), la recherche de visions (VISION QUEST), la fumée purificatrice (SMUDGING) et la cérémonie de la pipe (PIPE CEREMONY) reflètent la nature communautaire de ces pratiques sacrées. La spiritualité de la communauté était donc définie non seulement par les humains, mais encore par l’ensemble de la nature et de la réalité tel qu’il apparaissait aux autochtones. Le sacrifice constituait un aspect important de ces visions du monde, mais c’était un sacrifice au profit de la communauté toute entière, qui entraînait souvent des épreuves personnelles rigoureuses visant au bien-être de tous.

Indubitablement, la vie spirituelle des Premières Nations de la province fut sérieusement ébranlée par les colons européens : beaucoup de leurs croyances et pratiques traditionnelles furent perdues, tandis que d’autres étaient mises en péril. Aujourd’hui, cependant, un bon nombre d’entre elles ont été reconquises. L’impact de la période missionnaire sur l’histoire du terriroire qui allait devenir la Saskatchewan est important pour comprendre le développement de la religion dans la province Les études récentes, par exemple, se sont concentrées sur la nature du mouvement missionnaire qui inspira les anglicans, les catholiques, les méthodistes et autres à braver les difficultés d’une mission en vue de répandre la foi chrétienne. Les historiens examinent l’attitude des missionnaires envers les communautés autochtones, ainsi que les réactions de ces dernières envers le catéchisme. La Compagnie de la baie d’Hudson joua également un rôle important à encourager ou parfois décourager l’effort missionnaire. Il ne faut pas oublier non plus que la stratégie évolua : si au début les missionnaires suivaient les migrations des Premières Nations, plus tard ils fondèrent des églises et des écoles, et cherchèrent à persuader les autochtones de renoncer à leur vie nomade et de s’installer près des missions. Un autre aspect important de cette période est la rivalité moins que noble qui existait entre différentes confessions, ainsi que les diverses stratégies utilisées par chacune d’elles pour s’approprier certaines tribus. Il faut remarquer ici que de nombreux chrétiens autochtones ne renoncèrent pas à leurs traditions spirituelles, mais réussirent à intégrer les deux croyances. Comme l’a écrit James Treat (2004), « Comprendre la relation entre les autochtones et la chrétienté est important pour comprendre l’expérience des premiers. Les nombreuses dimensions de cette relation comptent aussi parmi les problèmes les plus épineux que confrontent les communautés autochtones d’aujourd’hui ; cette situation demande des études critiques et engagées ».

Monseigneur Lajeunesse arrive à Ile-à-la-Crosse en 1946.
Irene and Ovide Desjarlais

Finalement, il faut placer la période missionnaire dans le contexte du milieu socioculturel européen d’alors, qui avait toute confiance dans sa mission providentielle. Pour les anglicans comme pour les catholiques, le catéchisme conduisit à la création d’établissements scolaires. Lorsque le gouvenement canadien proposa d’établir des écoles techniques résidentielles dirigées par les églises, l’idée sembla bonne à l’époque. Il faut aussi remarquer que certains dirigeants des Premières Nations étaient également en faveur de ces écoles à cause de l’importance qu’ils accordaient à l’éducation. Ces écoles résidentielles (RESIDENTIAL SCHOOLS) sont toujours l’objet d’études historiques autant que légales, de même que la politique fédérale et l’impact de tout cela sur les communautés autochtones – tout particulièrement le fait de séparer les enfants de leurs familles pendant de longues périodes. Les exemples d’abus sexuels, physiques et affectifs sont encore à l’ordre du jour en Saskatchewan. Les traditions autochtones d’usage linguistique, de rapport avec la terre, de rites spirituels et de relations familiales sont preuves de l’importance de la démarche sacrée, et sont essentielles à la préservation des cultures auxquelles elles appartiennent (voir ABORIGINAL PEOPLES OF SASKATCHEWAN).

Dans le cas des églises chrétiennes impliquées dans les missions auprès des Premières Nations aux premiers jours de la province, le nouvel examen de l’expérience des écoles résidentielles et la longue période de négociations menant à un accord et une guérison ont profondément affecté tous ceux concernés. On peut voir une expression de cette nouvelle compréhension des relations passées entre missionnaires catholiques et Premières Nations dans les excuses présentées par les Oblats de Marie Immaculée aux Premières Nations au Lac Ste Anne (Alberta) en juillet 1991 :

Nous présentons nos excuses pour le rôle que nous avons joué
dans l’impérialisme culturel, ethnique, linguistique et religieux
qui faisait partie de la mentalité des peuples d’Europe qui entrèrent
en contact avec les peuples autochtones, et qui a constamment
guidé la façon dont les autochtones du Canada ont été traités par
les gouvernements civils et par les églises. Nous avons été les
participants naïfs de cette mentalité, et avons en fait joué un rôle
majeur dans sa mise en application. Nous reconnaissons que cette
mentalité a été une constante menace pour les traditions culturelles,
linguistiques et religieuses des Premières Nations.

D’autres églises impliquées dans les écoles résidentielles ont également offert leurs excuses aux Premières Nations ; elles ont tenté de faire amende honorable pour les exemples d’abus ou de dommage culturel, et d’aider dans le processus de guérison. La diffamation de toutes les écoles résidentielles a été particulièrement douloureuse pour les hommes et les femmes qui avaient consacré leurs vies à un idéal religieux à présent jugé sérieusement défectueux. Cette partie de l’histoire des relations entre églises chrétiennes et Premières Nations, dont beaucoup de membres sont eux-mêmes des chrétiens dévots, va continuer à se dérouler dans les années qui viennent. Il est certain que tout le monde a beacoup appris ; quant à l’effort de la communauté chrétienne pour répandre l’évangile, il a changé : le respect pour les autres croyances religieuses est devenu la pierre de touche des relations multiconfessionnelles et interculturelles.

Quand nous nous tournons vers la nature des premières immigrations dans la province, nous constatons que les participants présentaient une diversité en termes d’ethnicité et aussi de religion, bien que la majorité d’entre eux appartiennent à la tradition chrétienne. Dans beaucoup de cas, à cette époque, ces groupes d’immigrants se trouvaient pour la première fois face à face avec des personnes venant d’autres pays, parlant des langues différentes, observant des habitudes différentes, et obéissant aux principes de traditions religieuses différentes. Il semble qu’en général les groupes qui immigrèrent en Saskatchewan rencontrèrent des conditions similaires : bien que vivant à proximité de personnes venant de traditions religieuses différentes, ils partageaient souvent les mêmes expériences, comme par exemple l’isolement géographique et culturel. Les réactions à ces conditions étaient variées, mais on peut distinguer de nombreuses tendances similaires. Par exemple, le langage, la culture et la religion étaient inextricablement liés dans l’identité de la plupart des groupes non anglophones, ce qui encourageait une mentalité de forteresse. Les communautés d’immigrants avaient tendance à devenir des cultures fragmentaires, dont le sens d’identité nationale et religieuse s’attacha de plus en plus à des souvenirs, figés dans le temps, de ce qu’avait été la vie dans leurs pays d’origine au moment de leur émigration. Comme le remarque Peter Van de Veer dans Transnational Religion :

On dit souvent, et il est parfois démontré, que les communautés migrantes ont tendance à devenir conservatrices en ce qui concerne la religion et la société. Elles seraient ainsi afin de conserver une identité en face des pressions assimilatrices. De plus, comme dans un milieu multiculturel elles sont souvent forcées d’expliquer leurs croyances et pratiques, elles ont rendance à devenir davantage conscientes de celles-ci. Ce type de conservatisme conscient ou de traditionnalisme réactionnaire a été observé dans de nombreux groupes d’immigrants.

Dans beaucoup de cas, donc, les croyances et les pratiques culturelles des colons européens en Saskatchewan devinrent encore plus enracinées qu’elles ne l’avaient été dans le pays d’origine.

A mesure que les communautés ethniques s’accoutumaient à la vie dans les prairies, les liens provenant d’une langue, d’une culture et d’une religion communes à l’intérieur de chaque groupe se relâchèrent quelque peu, et finalement une certaine tolérance des autres émergea. Dans de nombreux cas ceci se produisit en même temps que la première génération native des prairies voyait le jour. Dans certains groupes, les menaces de l’extérieur devinrent assez sévères pour qu’un élément de la triade originelle (langue, culture, religion) soit abandonné ou bien pratiqué clandestinement. Les Allemands en sont un exemple : en butte à une énorme animosité durant et après les deux Guerres Mondiales, ils conservèrent en général leur religion – catholique, luthérienne ou baptiste – mais consentirent à abandonner leur langage en faveur de l’anglais, et s’assimilèrent en partie à la culture dominante afin de ne pas attirer d’attention négative. Ces adaptations forcées eurent pour effet d’élargir le champ d’opportunités. Le journal catholique allemand publié par l’abbaye de St. Peter, par exemple, fut forcé de publier en anglais après la Première Guerre mondiale : pendant un certain temps St. Peter’s Bote fut publié en allemand et en anglais (St.Peter’s Messenger), puis en anglais seulement. Sous le nom de The Prairie Messenger, il a été beaucoup plus lu que s’il était resté de langue allemande, et continue d’être un journal catholique dynamique, avec des abonnés dans tout le Canada et même au-delà.

Petite église de pierre (anglicane), Deer Creek, juin 1943.
Everett Baker (Saskatchewan History and Folklore Society)

La vie religieuse des Européens des prairies subit d’importants changements à cause de l’évangélisme social (SOCIAL GOSPEL), qui rallia plusieurs groupes chrétiens à la cause du progrès politique et social. Comme le remarque Richard Allen dans The Social Passion, ce mouvement n’était pas uniquement canadien mais faisait partie d’une « tentative répandue en Europe et en Amérique du Nord de faire revivre et de développer les idées sociales chrétiennes, et de les appliquer aux formes naissantes d’une société collective… Pour utiliser un ton plus théâtral, il s’agissait pour les hommes (et les femmes) de découvrir un sens à leur vie en cherchant à réaliser le Royaume de Dieu au sein de la société ». Les confessions anglicane, presbytérienne et méthodiste dominèrent le mouvement après 1890. Pensant qu’il était plus important de combattre les maux sociaux que de s’adonner à une rhétorique de théologie, de nombreux dévots formèrent un large éventail d’institutions sociales au Canada afin de réformer l’ordre existant. Les méfaits de l’alcool devinrent un des points de mire de ces réformateurs, si bien qu’en 1907 les églises anglicane, presbytérienne, méthodiste et baptiste rencontrèrent à Régina l’Union de tempérance des femmes chrétiennes (WOMEN’S CHRISTIAN TEMPERANCE UNION, ou WCTU), les Templiers royaux de la tempérance, et les Conseils des métiers et du travail de Régina et de Moose Jaw en vue de former le Conseil de réforme sociale et morale. Mais des différends surgirent bientôt entre les groupes religieux au sujet de l’alcool : les presbytériens, les méthodistes et les baptistes étaient des abolitionnistes à part entière, tandis que les anglicans, les Luthériens et les catholiques avaient de sérieuses réservations sur le sujet. L’évangélisme social voulait également se porter en aide aux nouveaux immigrants : les presbytériens organisèrent des comités d’accueil dans la plupart des congrégations, tandis que les méthodistes essayaient de « canadianiser » les paysans opprimés. Plus influencés par les encycliques sociales de l’église catholique que par la théologie de l’évangélisme social, les catholiques étaient aussi désireux d’accueillir les nouveaux immigrants, en partie par esprit d’hospitalité chrétienne, mais aussi peut-être pour éviter que des fidèles catholiques passent dans le camp protestant.

L’un des porte-parole les plus éminents de l’évangélisme social fut J.S. Woodsworth, un député de Winnipeg ; ses critiques du capitalisme trouvèrent de nombreux partisans au sein de la Ligue pour la reconstruction sociale, fondée en 1930, qui avec un certain nombre d’autres groupes devint finalement en 1933 le Parti social démocratique (CO-OPERATIVE COMMONWEALTH FEDERATION, ou CCF). En même temps, beaucoup des églises protestantes qui avaient nourri ces idées se désintéressèrent de la réforme sociale au niveau politique, dans un effort pour se garder au-dessus de la mêlée. Néanmoins, de nombreux protestants du mouvement d’évangélisme social se distinguèrent comme dirigeants du CCF ; le plus célèbre est T.C. DOUGLAS, un pasteur baptiste de Weyburn.

Au cours des quarante dernières années, le changement le plus important dans la vie religieuse de la Saskatchewan a peut-être été le nouvel esprit d’oecuménisme chrétien, qui a eu un impact sur toutes les confessions. Si nous nous rappelons l’intolérance générale qui régnait entre les diverses confessions avant Vatican II, ainsi que le climat de rivalité et d’antagonisme qui souvent caractérisait les relations entre dirigeants et membres des diverses églises chrétiennes, les changements qui se sont opérés sont véritablement étonnants. Certains de ces antagonismes sont bien connus, comme par exemple celui des protestants anglais et des catholiques irlandais. Au cours d’une période particulièrement ignominieuse – la fin des années 1920 et le début des années 1930 – l’intolérance se changea en haine religieuse quand une branche du KU KLUX KLAN s’installa en Saskatchewan. Le Klan recruta des effectifs et mena des attaques contre les catholiques et les immigrants non anglais (tout particulièrement les Français), et on pense qu’il a joué un rôle dans l’adoption de politiques anti-catholiques et anti-françaises par le gouvernement provincial. Pendant la période de colonisation, alors que tout le monde essayait de survivre, et plus tard, au cours des deux Guerres Mondiales  et de la DEPRESSION, l’intolérance religieuse fut souvent inséparable d’une hostilité ethnique mutuelle, causée en grande partie par l’ignorance et la peur. Pendant la première moitié du 20ième siècle, les divisions religieuses semblaient faire intégralement partie de la vie quotidienne en Saskatchewan, comme partout au Canada.

Il y eut cependant des signes d’oecuménisme, même au cours des premières décennies : les premières formes de coopération oecuménique avaient déjà pris place au niveau populaire dans les divers mouvements de réforme sociale engendrés par l’évangélisme social. Ce type d’oecuménisme fut également un facteur qui contribua à la formation de l’Eglise Unie du Canada en 1925, au cours de laquelle tous les groupes méthodistes et congrégationnalistes, ainsi que toutes sauf 22 des 854 églises presbytériennes de la province se réunirent en une seule confession. La géographie et le climat rendirent cette union attrayante pour les paroisses en difficulté, plus particulièrement dans les régions rurales. L’oecuménisme continua de se développer à d’autres niveaux avec les discussions officielles des années 1950 et 1960, dans lesquelles étaient engagés des théologiens et des dirigeants ecclésiastiques préoccupés de questions d’autorité et de doctrine. Le résultat fut que diverses confessions protestantes oublièrent leurs différends et formèrent de plus grandes confessions, comme l’Eglise évangélique luthérienne du Canada, tandis que d’autres organisaient des conseils et des comités pour poursuivre leurs efforts ensemble, ainsi que le démontra le Conseil des églises de Régina et de Saskatoon.

Le deuxième concile du Vatican (1962-65), en se concentrant sur l’oecuménisme, entama un long processus de changement, qui se poursuit encore, dans les relations entre les églises chrétiennes. En juillet 2001, l’Eglise évangélique luthérienne du Canada et l’Eglise anglicane du Canada signèrent la Déclaration de Waterloo, qui instaurait une relation de pleine communion entre elles, si bien qu’il n’est pas inhabituel qu’un pasteur luthérien dirige le service du dimanche dans une église anglicane, et vice versa. En 2004, les Luthériens et les catholiques célébrèrent le cinquième anniversaire de la signature de leur Déclaration commune sur la doctrine de justification – un événement représentant l’aboutissement de trente années de dialogue et marquant un profond changement dans les relations entre ces deux églises. L’oecuménisme populaire est encore florissant : à Saskatoon, par exemple, une assemblée de l’Eglise Unie et une paroisse catholique ont pris l’engagement de partager en partie leurs prières, leur liturgie, leurs études, leurs projets de services sociaux d’approche, leurs concerts et autres occasions, afin de surmonter les obstacles à une véritable amitié chrétienne. Les membres des nombreux groupes venus de l’Europe de l’Est (catholiques, orthodoxes et autres) ont également commencé à se réunir depuis quelques années afin d’explorer leur patrimoine commun par l’intermédiaire d’événements comme les conférences « Windows to the East » (Fenêtres sur l’Est), organisées chaque année au ST. THOMAS MORE COLLEGE de Saskatoon. Tous les ans, la Semaine de prières pour l’unité chrétienne (Week of Prayer for Christian Unity) voit dans toute la province de nombreuses réunions interconfessionnelles, activités sociales et autres manifestations oecuméniques. En plus du travail du Centre des prairies pour l’oecuménisme (PRAIRIE CENTRE FOR ECUMENISM), des groupes interconfessionnels ont été organisés pour traiter de problèmes en commun, par exemple : l’Interchurch Uranium Committee, les Amies de Sophia (un groupe de féministes chrétiennes), les branches locales de KAIROS (Canadian Ecumenical Juastice Initiatives), et les groupes interconfessionnels de Saskatoon, Régina, les Battlefords, Craik, Davidson, Melville et Prince Albert. Dans les deux universités provinciales, pasteurs et chapelains joignent leurs efforts pour offrir aux étudiants une expérience oecuménique, et les collèges théologiques confessionnels collaborent avec les arts libéraux pour les cours à offrir. Dans toute la province, les organisations ecclésiastiques ont travaillé en commun aux soupes populaires, aux banques alimentaires, aux communautés de personnes âgées, et au ministère pour les autochtones urbains et les familles dans le besoin – tout ceci dans un esprit évangélique de chrétiens sans frontières.

Certains avaient craint au début qu’afin d’atteindre l’unité les églises devraient devenir uniformes en termes d’autorité, de doctrine et de pratique, perdant ainsi leur identité et leur expression personnelles. Au fil des ans, cependant, comme les fidèles venant d’églises différentes ont commencé à se rencontrer, à partager leurs liturgies, leurs repas et leurs études bibliques, et à voir de plus en plus de mariages interconfessionnels, ils ont découvert que la différence peut encore être « dans l’Esprit », et même une source de nouvelle vie pour leurs communautés de foi. L’unité dans la diversité est peut-être difficile, mais certainement pas impossible. Les leçons apprises par les immigrants à mesure qu’ils passaient de l’intolérance et de la peur des étrangers à l’acceptation, au respect mutuel et à l’amitié sont maintenant mises à bon usage par les communautés ecclésiastiques.

En plus des traditions religieuses qui reflètent les systèmes de croyance de la majorité des résidents (chrétienté et traditions autochtones), la Saskatchewan possède aussi de nombreuses petites communautés dotées de systèmes différents : les Sikhs, les Juifs et les musulmans, par exemple, bien que peu nombreux, ont une longue histoire dans la province. Les premiers immigrants juifs s’établirent en Saskatchewan à la fin des années 1800 ; leur population fluctua pendant tout le 20ième siècle, influencée par l’économie et la politique mondiales. Les SYNAGOGUES ont toujours servi au peuple juif de centres communautaires et de centres d’étude et de prière, comme l’attestent la BETH JACOB SYNAGOGUE et le TEMPLE BETH TIKVAH à Régina, ainsi que l’AGUDAS ISRAEL SYNAGOGUE/JEWISH COMMUNITY CENTRE et la SHIR CHADASH SYNAGOGUE à Saskatoon. La SASKATOON JEWISH FOUNDATION, qui a pour but de conserver ou de promulguer les activités religieuses, culturelles, éducatives et sociales de la congrégation, et HADASSAH-WIZO, une organisation bénévole internationale et non politique de femmes zionistes qui soutient l’éducation, l’apprentissage, les soins médicaux ainsi que les services adressés aux femmes et à l’enfance, sont des exemples de l’engagement de la communauté juive dans le maintien de leur religion et dans l’amélioration de la vie.

Les premiers Sikhs arrivèrent dans la province à la fin des années 1960. Le sikhisme (SIKHISM) est à présent représenté par le temple sikh de Saskatoon, ouvert depuis 1985, et par celui de Régina, ouvert en 1988. L’arrivée des musulmans (MUSLIMS) commença avec un petit nombre d’immigrants à la fin du 19ième siècle, puis une autre vague arriva dans les années 1960, à la recherche de la liberté de culte et de meilleures opportunités. A présent, la plupart des musulmans de la province habitent Saskatoon et Régina, mais ils constituent une communauté diverse provenant de régions comme le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Asie et l’Europe. Il y a des mosquées à Régina, Saskatoon et Swift Current.

De nombreux immigrants commencèrent à arriver de l’Asie dans les années 1960, représentés par les communautés hindoues et bouddhistes de la province. Au début, la plupart des communautés hindoues (HINDU COMMUNITIES) pratiquaient leur religion à la maison, ou bien avec la lecture régulière des écritures sacrées. L’hindouisme est une religion de diversité : bien qu’en majorité originaires de l’Inde et de l’Afrique, les immigrants venaient de régions différentes et donc avaient des pratiques différentes. Comme leurs nombres augmentaient, les hindous de Régina et de Saskatoon commencèrent à bâtir des temples. A Saskatoon le SHRI LAKSHAMI NARAYANA TEMPLE, l’un des premiers de style architectural authentique à être contruit dans les prairies,  fut inauguré en 1985. A Régina il y a maintenant deux temples : le SRI SRI RHADHA KRISHNA TEMPLE, ouvert en 1978, et le HINDU TEMPLE, ouvert en 1990. Tous ces temples offrent des activités culturelles et spirituelles répondant aux besoins divers de la communauté hindoue.

Les bouddhistes de la province appartiennent à une variété de traditions et viennent de nombreux pays. A Régina, ils sont représentés par la HAI DUC BUDDHIST PAGODA, un temple bouddhiste Mahayana fondé en 1990 au profit de la communauté bouddhiste vietnamienne, et par le WAT BUDDHADHAMMA, un temple bouddhiste Théravadin fondé en 1992 par des immigrants du Laos et de la Thaïlande. Il y a également des temples bouddhistes à Saskatoon, par exemple la AVALOKITESVARA BUDDHIST TEMPE SOCIETY INC., constituée en 1997. En plus de ces communautés bouddhistes, il existe un certain nombre d’organisations s’inspirant des enseignements et des pratiques bouddhistes et dont les membres ont des origines diverses : par exemple, la Regina Insight Meditation Community, fondée en 1993 pour étudier le dharma et pratiquer la méditation d’éveil.

Aux religions décrites ci-dessus s’ajoutent un certain nombre de traditions plus récentes. La Confrérie unitarienne en Saskatchewan (UNITARIAN FELLOWSHIP IN SASKATCHEWAN), par exemple, a trois congrégations à Régina, Saskatoon et Wynyard. Une étude de l’histoire de la foi Bahaïe montre que ses adhérents étaient déjà présents dans la province au début du 20ième siècle ; aujourd’hui, ils possèdent des centres dans les principales villes de la province. La SRI SATHYA SAI BABA ORGANIZATION reflète l’engagement religieux des disciples de Sri Sathya Sai Baba, un maître spiritual vénéré qui réside en Inde ; la province a deux centres Sai Baba, à Régina et à Saskatoon, établis dans les années 1980. (Voir aussi la Table 2 pour les effectifs récents des communautés religieuses de Régina et de Saskatoon.)

Cette vue d’ensemble du paysage religieux provincial ne serait pas complète sans une référence à la prolifération de nouveaux mouvements religieux qui attirent des membres provenant de divers milieux. Il faut inclure ici les adeptes de diverses religions New Age comme le paganisme et le néopaganisme (PAGANISM), la scientologie, les raéliens, les groupes OVNI, et bien d’autres. Au cours des dernières décennies, la mondialisation  a eu de sérieuses conséquences pour la vie religieuse en Saskatchewan : le meilleur exemple en est peut-être la façon dont les nouveaux immigrants, tels les musulmans, les bouddhistes, les hindous et les Sikhs, négocient leurs identités respectives. L’identité religieuse de certaines de ces communautés est devenue de plus en plus liée à une certaine ethnicité ; une étude des congrégations religieuses immigrantes  à Régina et à Saskatoon a montré que les institutions religieuses ont souvent un double emploi : elles offrent un endroit où pratiquer sa foi, et aussi où recevoir un renforcement ethnique, culturel et linguistique. De plus, pour certains membres des congrégations ethniques, l’identité religieuse devient un point central : faire partie d’une mosquée ou d’un temple, ou bien « devenir religieux » donne la sensation d’appartenir à la société multiculturelle canadienne.

Pour ce qui est de maintenir une identité à la fois religieuse et ethnique, des tensions peuvent se produire regardant l’authenticité (concepts de base, importantes figures historiques et religieuses, etc), la transmission de l’identité culturelle aux générations suivantes, l’aisance à parler la langue, et les désaccords entre communautés. Il y a cependant des différences importantes entre ces nouvelles vagues d’immigration et les autres : l’identité religieuse, tout comme l’identité ethnique, est en train de devenir  transnationale à cause des voyages d’un pays à l’autre. De nos jours, les immigrants sont plus proches de ceux qu’ils ont quitté grâce au téléphone, au courier électronique, aux voyages aériens, et aux autres formes modernes de communication et de transport. Beaucoup de ces nouveaux immigrants conservent leur ancienne citoyenneté, et maintiennent des liens étroits avec leur pays d’origine. Les attaques terroristes sur New York et Washington, le 11 septembre 2001, ont eu un profond impact sur certaines communautés d’immigrants, qui ont dû souvent donner des explications sur leur identité religieuse, ethnique et politique. Elles eurent également un profond impact sur la communauté chrétienne de la Saskatchewan : bien que la réaction initiale du public ait été de blâmer tous les musulmans pour ce qui s’était passé (ce qui rappelait un peu l’attitude envers les Canadiens allemands à une autre époque), ceci fut suivi d’une prise de conscience qu ‘il est essentiel de comprendre les moeurs des communautés religieuses et ethniques différentes.

En relation étroite avec le développement de l’oecuménisme chrétien en Saskatchewan, et avec l’impact du 11 septembre et de la « guerre contre la terreur » qui s’ensuivit, il y a eu des tentatives de rapprochement entre les différents groupes chrétiens et les autres traditions religieuses. Régina et Saskatoon possèdent toutes deux des organisations multi-fois actives, comme le Regina Multi-Faith Forum, Multi-Faith Saskatoon, le Conseil des églises de Saskatoon et de Régina, le Ministère anti-pauvreté de Régina, et le Centre d’oecuménisme des prairies. Ces organisations patronnent des événements comme la Journée mondiale de l’environnement et un Festival de la foi annuel ; elles servent également de liaison entre différents groupes, encouragent le dialogue, et promulguent les programmes multi-fois. Dans son livre Unkown Gods (Dieux inconnus), Reginald Bibby nous apprend que les habitants des prairies ont tendance à être plutôt actifs au sein de leurs communautés religieuses, en partie à cause de la nature rurale de la région. Sa recherche la plus récente, Restless Gods (Dieux agités), indique aussi que les habitants des prairies sont 2% au-dessus de la moyenne nationale pour ce qui est de « faire l’expérience de Dieu », et 3% pour ce qui est de se livrer fréquemment à la prière personnelle. Etant donné ces tendances et l’histoire religieuse variée de la province, il est permis de penser que la diversité qui a toujours existé ici va continuer de s’épanouir avec chaque nouvelle exploration que font les résidents de la Saskatchewan au cours de leurs voyages individuels et collectifs.

Contributor: Leona Anderson, Bryan Hillis, Margaret Sanche
Translated By: Patrick Douaud

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