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Les Peuples Autochtones de la Saskatchewan

By: Blair Stonechild

Les peuples autochtones de la Saskatchewan habitent cette région depuis environ 11 000 ans, période pendant laquelle ils ont établi des sociétés autonomes. Le contact avec les Européens entraîna des forces culturelles et économiques qui devaient affecter de façon dramatique la vie des autochtones, et leur histoire est marquée par l’adaptation et la survie. Pendant les 235 années du commerce des fourrures (FUR TRADE), de 1670 à 1905, les épidémies dévastatrices et l’épuisement des ressources naturelles firent partie des défis; après l’annexation des Territoires du Nord-Ouest par le Canada, les autochtones furent soumis à des politiques visant à éroder leur identité et leurs droits. Aujourd’hui ils recouvrent beaucoup de ces droits, ils reconstruisent leurs sociétés, et ils tentent de donner un sens à leur rôle dans le Canada contemporain.

Le contact avec les Européens fit que les noms des Premières Nations devinrent différents de ceux qu’elles s’étaient donnés elles-mêmes. Les noms corrects des Premières Nations de la Saskatchewan sont comme suit: Nêhiyawak1 (Cri des Plaines), NAHKAWININIWAK (Saulteaux), NAKOTA (Assiniboine), Dakota et Lakota (Sioux), et DENESULINE (Dene/Chipewyan). « Première Nation » est préférable à « Indien », un terme impropre qui n’est utilisé que dans un contexte spécifiquement historique (voir aussi CREE et DAKOTA/LAKOTA).

Les Premiers Habitants

Les Premières Nations des Plaines avaient des institutions sociales stables. Au cours des assemblées tribales annuelles prenaient place d’importantes réunions politiques ainsi que des cérémonies telles que la Danse du soleil (ci-dessus).
RCMP Museum, Regina 72.68.XIX

Il est probable que les chasseurs-cueilleurs autochtones pénétrèrent dans les plaines du nord après la retraite du dernier glacier, il y a environ 11 000 ans. Vers 9 000 av. J.-C., le témoignage archéologique montre la diffusion de chasseurs dotés de lances à pointes cannelées pour la chasse au BISON. L’archéologue James V. Wright émet l’hypothèse que vers 6 000 av. J.-C.des populations du Paléoarchaïque de l’est migrèrent vers les plaines occidentales, où elles entrèrent en contact avec les populations du Plano2. Dès 3 000 av. J.-C. il y avait des chasses au bison organisées dans les plaines du nord, faisant usage de pointes de lances plus perfectionnées à la retouche ondulée caractéristique3. Ces populations ancestrales jetèrent les bases des cultures tribales avec lesquelles les Européens entrèrent en contact.

Les cultures autochtones traditionnelles reposaient sur des idéologies selon lesquelles les humains faisaient partie de la création, mais n’en étaient pas nécessairement au centre : ils existaient à l’intérieur d’une toile de vie où toute entité – qu’elle soit inanimée, végétale, animale ou naturelle – possédait sa propre dimension spirituelle. La vie consistait à développer des relations et à viser au bien-être à l’intérieur de ce « cercle de vie »4. Les cérémonies reflétaient cette vision du monde : par exemple, brûler de l’hiérochloé (sweetgrass) symbolisait la communication avec le monde des esprits ; la quête de vision était un lien avec les esprits protecteurs ; le sauna indien (SWEAT LODGE) offrait une purification spirituelle ; et la danse du soleil (SUN DANCE) symbolisait le renouveau de la vie5. Au coeur de ce système de croyances était placée une relation intime avec la terre et l’environnement naturel. (Voir aussi FIRST NATIONS RELIGION : OVERVIEW.) Pour ce qui est de l’organisation sociale, la famille, le clan et la tribu étaient fondés sur un système de parenté et d’endogamie caractérisé par la famille étendue. Les décisions politiques étaient en général basées sur le consensus parmi les familles, et le partage de la nourriture et d’autres nécessités était impératif. Le bison répondait à pratiquement tous les besoins des Premières Nations des plaines, y compris la nourriture, l’abri, les vêtements et les outils. Dans la région des espaces verts et plus au nord, la pêche et la cueillette étaient d’importantes sources d’alimentation – comme l’était également la chasse à l’orignal, à l’élan et au caribou.

A l’origine, les tribus avaient une distribution fort différente de celle des autochtones contemporains. Le premier Blanc à atteindre l’intérieur des plaines septentrionales fut HENRY KELSEY ; conduit là en 1690 par des guides Nakota et Nêhiyawak, il rapporta qu’une grande partie du sud de la Saskatchewan d’aujourd’hui était occupée par les Atsina (appelés également Gros Ventres), ainsi que par les Nakota et Hidatsa au sud-est et les Shoshone (appelés également Snake) au sud-ouest. Dans le nord, la région comprise entre les branches de la Saskatchewan du Nord et du Sud ainsi qu’à l’ouest de celles-ci était occupée par les Pieds-Noirs6. Les Chipewyans, une branche de la nation Dene, occupaient toute une zone de la forêt boréale. L’avènement du commerce des fourrures entraîna des changements spectaculaires dans la distribution des territoires, au fur et à mesure que les Premières Nations entraient en conflit au sujet des ressources en fourrures.

Les Relations pendant le Commerce des Fourrures

La Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) établit son premier poste à York Factory, sur les rives de la baie d’Hudson, en 1690 ; son territoire commercial, qui comprenait toutes les terres drainant dans la baie d’Hudson, fut alors baptisé Terre de Rupert7. Un marchand autochtone typique pouvait apporter une centaine de peaux de castors, avec lesquelles il faisait l’achat de produits indispensables : fusil, munitions, bouilloire, couteaux, pièges et couvertures. Cela fait, il pouvait acheter des articles de luxe tels que tabac, perles ou alcool. L’introduction d’articles de fer changea le style de vie autochtone de façon dramatique, le détournant des activités saisonnières traditionnelles vers une économie reposant sur le commerce des fourrures et l’échange de marchandises avec les tribus de l’intérieur. Les Nakota, premiers habitants des prairies, facilitèrent l’accès du territoire à leurs alliés commerciaux et agirent en intermédiaires dans l’échange de marchandises pour des fourrures. Les Pieds-Noirs furent les premiers bénéficiaires de ce commerce : avec l’acquisition de fusils, ils devinrent capables de repousser leurs adversaires, parmi lesquels les Shoshone et les Kootenay8. Pendant cette période survinrent des changements de style de vie et de relations entre tribus, les Premières Nations cherchant toutes à tourner les nouvelles technologies à leur avantage ; elles développèrent également une relation relativement pacifique avec les marchands de fourrures, sur la base d’une dépendance réciproque où chacun aiderait l’autre en cas de besoin.

Frontières tribales des Indiens des Plaines, vers 1850.
Canadian Plains Research Center Mapping Division

Autour de 1730, les Cris commencèrent à résider sur les plaines de façon permanente, ce qui conduisit au développement d’une entité tribale distincte : les Nêhiyawak (Cris des Plaines)9. Les Pieds-Noirs possédaient un produit de valeur à échanger avec les Nakota et les Nêhiyawak : les chevaux, qui s’étaient répandus vers le nord après leur introduction en Amérique centrale par les Espagnols10. Malgré un équipement limité, les autochtones devinrent des cavaliers hautement accomplis : ceci, joint à l’utilisation de fusils, leur donna une influence sans précédent. En 1787, les pratiques commerciales impitoyables des Nakota et des Nêhiyawak contribuèrent à la rupture de leurs relations amicales avec les Pieds-Noirs11. Leur victoire sur leurs ennemis mutuels – les Shoshone, les Gros Ventres et les Kootenay – non seulement les débarrassa d’un ennemi commun, mais aussi priva ces tribus d’une fonction sociale vitale : l’occasion pour les jeunes guerriers de participer à des razzias afin de prouver leur valeur. Dans ce nouveau paysage culturel les anciens alliés se transformèrent en rivaux, et pendant le siècle qui suivit les razzias entre Nakota-Nêhiyawak et Pieds-Noirs devinrent légendaires.

Après la rupture de leur alliance avec les Pieds-Noirs en 1787, les Nakota-Nêhiyawak se tournèrent vers la nation Mandan, située en amont du Missouri, pour l’acquisition de chevaux. Libres de la rivalité d’autres fournisseurs de fusils et de marchandises associées, les Nakota et les Nêhiyawak jouirent d’une position commerciale extrêmement solide12 qui fut encore renforcée lorsque les Nahkawininiwak (Saulteaux ou Ojibway des Plaines)13, qui vendaient des produits venant de Montréal via les Grands Lacs, se joignirent à eux pour former l’Alliance de Fer – un terme dénotant le commerce en articles de fer sur lequel reposait leur puissance14. L’influence de l’Alliance au sein du commerce Mandan diminua après que les marchandises américaines devinrent disponibles autour de 180515.

Les MÉTIS, descendants sang-mêlé d’unions entre marchands de fourrures français et femmes autochtones, avaient été amenés à jouer un rôle important dans le réseau commercial de la Compagnie du Nord-Ouest (CNO), qui avait été établie en 1779 et qui menaçait le monopole de la Compagnie de la Baie d’Hudson16. Les relations de plus en plus hostiles entre les deux compagnies devaient conduire à leur fusion forcée en 1821. Quand la CBH établit la colonie Selkirk, formée de fermiers écossais, afin d’introduire l’agriculture dans la Terre de Rupert, cette action fut considérée comme une menace à la route de ravitaillement de la CNO : les Métis affrontèrent les immigrants à Seven Oaks en 1816 et en tuèrent vingt, un événement annonçant la naissance du nationalisme métis. Pendant les cinq décades qui suivirent, les Métis augmentèrent en nombre ; ils devinrent la population dominante de la Rivière Rouge, et jouirent d’une puissance économique reposant sur la vente de produits dérivés du bison sur le marché américain17.

Cependant, près de deux siècles de commerce des fourrures commençaient à ébranler le territoire et ses habitants. Les épidémies, et plus particulièrement celles de petite vérole, firent leurs plus grands ravages parmi les Premières Nations: les principales, signalées en 1780, 1819, 1838 et 1869, décimèrent chaque fois plus de la moitié de la population, les Métis étant cependant les moins affectés18. L’impact de ces événements sur le bien-être social, politique et économique fut désastreux. Les ressources en fourrures commencèrent à diminuer de façon notable – d’abord dans les prairies de l’est avec le castor dans les années 1820, puis à l’ouest avec le bison dans les années 185019. Dans les années 1820 les missionnaires firent leur apparition dans la Terre de Rupert, recrutant de jeunes autochtones comme CHARLES PRATT pour la première école missionnaire à la Rivière Rouge. Des chefs tels que AHTAHKAKOOP firent un bon accueil aux missionnaires – non seulement à cause de leur nouvelle idéologie religieuse, mais aussi parce qu’ils pouvaient enseigner la lecture, l’écriture et l’arithmétique20. Les premières missions furent établies dans le nord : l’église de Stanley Mission, par exemple, construite en 1854, est le plus ancien bâtiment de la province.

Alors que le commerce des fourrures déclinait, le potentiel agricole des prairies du nord commença à être exploré par Palliser et Hind (PALLISER AND HIND EXPEDITIONS) en 1859. Les Premières Nations subirent des épreuves qui allèrent en augmentant à cause du déclin de leur rôle d’intermédiaires dans le commerce des fourrures, et des conflits incessants entre tribus au sujet des troupeaux de bisons en voie de disparition. Cependant, même à la fin du commerce des fourrures, les Premières Nations conservaient une forte identité culturelle ainsi qu’un solide attachement à des territoires qui avaient souvent été acquis au prix de longues luttes intertribales. Les Nakota, Nêhiyawak et Nahkawininiwak de l’Alliance de Fer – et à un degré moindre les Métis – formèrent par endogamie une nouvelle culture hybride basée sur les moeurs Nakota, le langage Nêhiyawak et la spiritualité Nahkawininiwak. On peut voir cet héritage dans les compositions tribales mélangées des Premières Nations contemporaines21.

Les Traités avec le Canada

Sitting Bull
Saskatchewan Archives Board R-A5043

L’unes des premières initiatives de la jeune nation canadienne fut l’acquisition de la Terre de Rupert en 1870 (voir RUPERT’S LAND PURCHASE). Cette mesure, visant à une expansion vers le Pacifique, fut approuvée par la Grande-Bretagne à la condition que des traités soient signés avec les Premières Nations, conformément à la politique britannique articulée dans la Proclamation Royale de 1763. Cette proclamation tentait de pacifier la frontière et d’assurer l’allégeance autochtone à la Grande-Bretagne en s’adressant à la principale source du mécontentement des Premières Nations : la perte forcée de leur occupation traditionnelle du territoire. Elle donnait pleins pouvoirs aux autorités gouvernementales pour entrer en négociations avec les Premières Nations au nom de la Couronne britannique : au cours d’une réunion publique, les deux camps devaient se mettre d’accord sur les conditions sous lesquelles le territoire autochtone serait ouvert aux immigrants, ainsi que sur les avantages que les Premières Nations recevraient en retour.

Les négociations commencèrent avec les Ojibways de la région de Lake of the Woods en 1869, mais un accord ne fut pas conclu avant 1873 à cause des exigences des Indiens. Les premiers accords conclus furent le Traité no. 1 à Fort Garry en 1871 et le Traité no. 2, essentiellement une répétition du traité précédent, à Manitoba Post la même année22. Les Nahkawininiwak de ces régions tirèrent profit de l’expérience de leurs frères de l’est, les Ojibways : un chef important, Pontiac, était derrière le soulèvement qui avait conduit à la proclamation de 1763, et les Ojibways avaient depuis négocié de nombreux traités avec les autorités britanniques.

Cependant, le mécontentement concernant l’acquisition de la Terre de Rupert se manifesta d’abord chez les Métis de la Rivière Rouge : conduits par LOUIS RIEL, ils protestèrent contre le manque de consultation et affirmèrent leurs droits politiques et territoriaux en établissant un gouvernement provisoire en 1870. Le mouvement métis fut réprimé par la force, et le règlement partiel des griefs par la Loi du Manitoba (1870)23 s’avéra insuffisant pour répondre aux aspirations de la Nation métisse, surtout en ce qui concernait la création d’une base territoriale. De nombreux Métis migrèrent plus à l’ouest vers les régions de BATOCHE et de Qu’Appelle dans les Territoires du Nord-Ouest. La persistence de leur mécontentement conduisit tout droit à la Résistance du Nord-Ouest (NORTH-WEST RESISTANCE) en 1885, encore une fois sous la direction de Riel.

Piapot (peinture par Edmund Morris)
Legislative Building Art Collection, The

La stratégie du Canada vis-à-vis de la négociation des traités avait visé à une simple transaction modelée sur les traités Robinson signés par les Britanniques en 1850, et impliquant un minimum de dépenses et d’engagements suivis. La stratégie des Premières Nations visait à conserver autant de terres que possible, leur demande initiale consistant à garder comme territoire indien deux tiers de la province « timbre-poste » du Manitoba. Weyms Simpson, le commissaire des traités, avoua à ses supérieurs qu’il faudrait faire d’importantes concessions afin de conclure un accord : « Il était donc évident que nous devions ou bien céder quelque chose ou bien être prêts à peupler le pays entourés d’Indiens hostiles et menacés de guerres indiennes… »24. Pour les persuader de modifier leurs demandes territoriales, on accorda aux Saulteaux une variété de concessions incluant l’aide agricole, l’éducation et les avantages médicaux. La vision d’un tel traité reflétait la relation de dépendance mutuelle qui avait existé auparavant entre les Premières Nations et les marchands de fourrures. Les négociateurs de la Couronne avaient été acculés à des concessions qui dépassaient de loin leurs intentions initiales, et quand quelques promesses orales furent omises dans le texte écrit des Traités No. 1 et No. 2, les Premières Nations mencèrent de semer la confusion parmi les Blancs ; ces traités furent par conséquent révisés en 187525.

Peinture murale de la cérémonie des traités à Duck Lake.
Tourism Saskatchewan

La sauvegarde du territoire autochtone allait demeurer un élément crucial de négociation, et le Traité No. 3 accorda des réserves de plus grande taille. Le massacre d’une vingtaine d’Assiniboines dans les CYPRESS HILLS en 1873 précipita la formation et l’envoi à l’ouest de la Police montée du Nord-Ouest. La dispute concernant la possession des territoires revendiqués par la Compagnie de la Baie d’Hudson domina les pourparlers du Traité No. 4. Le Traité No. 5, conclu en 1875, concernait surtout le nord du Manitoba, mais comprenait également trois Premières Nations de la Saskatchewan. Le Traité No. 6 se concentra sur une extension des avantages des traités, qui à partir de 1876 inclurent l’aide médicale, l’exemption fiscale, et l’assistance en cas de famine26.

Les traités étaient intervenus à un moment crucial : le bison disparut des prairies autour de 1880, et les années qui suivirent allaient s’avérer dévastatrices alors que sévissait une famine généralisée et que les Premières Nations luttaient pour leur survie. La réponse du gouvernement canadien, entravée par la désorganisation et le manque d’infrastructure, s’avéra terriblement inadéquate en face de la rapide détérioration de la situation. Le tout fut compliqué par l’arrivée du chef sioux SITTING BULL, cherchant refuge au Canada en 1876 après la défaite du général Custer et de ses troupes à la bataille de la Little Big Horn aux États-Unis. Dans les réserves, l’agriculture évoluait lentement : il s’avérait pratiquement impossible de faire pousser les récoltes à cause des gelées hâtives, des sauterelles et des feux de prairie. Une agriculture primitive, pratiquée avec les outils fournis sous traité, représentait un investissement inefficace de travail et de temps, et n’était donc pas du tout viable27. Le Traité No. 8, signé en 1899, prit place en réponse aux pressions pour l’exploitation minière et affirma les droits des Premières Nations à la chasse et à la pêche. Le Traité No. 10, dont les conditions ressemblaient à celles du Traité no. 8, s’adressait aux régions de la Saskatchewan non couvertes par les autres traités.

Les guerriers de Beardy, Duck Lake, 1885.
RCMP Museum, Regina 1933.10.5

La compréhension orale des traités qu’ont les Premières Nations est souvent en désaccord avec celle du texte écrit. Les anciens soutiennent que seule la couche arable a été abandonnée à des fins agricoles, et que les autochtones ont conservé non seulement le territoire de la réserve (appelé en cri iskunikan, c.-à-d. « la terre qui a été gardée »), mais aussi la faune sauvage dont ils dépendaient ainsi que toutes les autres ressources, y compris les ressources minérales28. Alors que la présence de la Police montée du Nord-Ouest est parfois invoquée comme preuve de coercition dans la signature des traités, les Premières Nations étaient en fait la partie dominante et considéraient la police comme un allié éventuel plutôt que comme un ennemi.

Les Premières Nations réagirent à la famine naissante des années 1880 en organisant des réunions politiques. PIAPOT, l’un des principaux chefs du Traité No. 4, organisa une réunion sur la réserve Pasqua, et BIG BEAR29 et POUNDMAKER, deux chefs du Traité No. 6, provoquèrent des rassemblements en 1884 pour exposer les griefs concernant les traités30. Le gouvernement fédéral, pensant que ces activités ne pouvaient que causer des troubles, fit intervenir la Police montée et suspendit les rations, ce qui provoqua de véhémentes confrontations sur les réserves Sakimay et Poundmaker en 1884. La stratégie politique des Premières Nations chercha à éviter la violence, préférant organiser un mouvement basé sur les traités No. 4, 6 et 7, qui s’adresserait à Ottawa avec une seule voix31.

La Résistance du Nord-Ouest, 1885

Mission Saint-Philippe, construite en 1927.
Saskatchewan Archives Board R-A225317

Frustrés par le manque d’intérêt accordé à leurs demandes, les Métis de la région de Batoche, soutenus par les colons, contactèrent Louis Riel, qui vivait alors au Montana, en vue de lui faire défendre leur cause. Riel, qui avait forcé le gouvernement fédéral à accorder des concessions aux Métis en 1870, déclara encore une fois un gouvernement provisoire le 19 mars 1885. Les Premières Nations étaient le seul groupe à n’avoir pas apporté de soutien politique à ses plans, qui en étaient venus à réclamer l’établissement d’une nouvelle papauté. Cependant, à cause d’une série de circonstances indépendantes de leur volonté, les autochtones se trouvèrent bientôt impliqués dans les événements de la Résistance de 188532.

Après la défaite militaire de la Résistance, le gouvernement fédéral ne fut pas long à déclarer 19 Métis et 33 Indiens coupables d’offenses liées à la rébellion. Les chefs cris Big Bear, Poudmaker et One Arrow furent reconnus coupables de haute trahison et condamnés à trois ans de prison au pénitencier de Stony Mountain. Un quatrième chef, le Dakota White Cap, fut acquitté grâce au témoignage d’un marchand de Saskatoon, bien qu’il ait fait partie du Conseil Exovède de Riel33. Quelques dirigeants comme GABRIEL DUMONT échappèrent à la capture en s’enfuyant aux États-Unis. A la suite de la Résistance, le gouvernement fédéral institua une série de mesures répressives qui lui permirent de contrôler fermement les Premières Nations. Ces mesures, qui allaient à l’encontre des traités signés dix ans auparavant, incluaient le placement forcé dans des réserves, le démantèlement de la culture autochtone, et l’envoi des enfants dans des écoles résidentielles à fins d’assimilation. Quand ALMIGHTY VOICE, que la famine avait forcé à abattre une vache illégalement, trouva la mort au milieu d’une canonnade de la police en 189734, son destin sembla représenter celui d’un peuple autrefois fier et indépendant. A la suite de la Résistance de 1885, le rêve d’une patrie métisse fut encore ébranlé ; mais cette aspiration est à la base de griefs qui persistent encore.

La Politique d’Assimilation

Les écoles résidentielles (RESIDENTIAL SCHOOLS), qui n’avaient pas été mentionnées au cours des traités, devinrent les principaux outils d’assimilation dans les mains du gouvernement fédéral35. Selon le darwinisme social auquel souscrivaient alors beaucoup de Canadiens, les cultures indiennes étaient inférieures et devaient donc être remplacées par la culture britannique. Les enfants autochtones, qui étaient les plus faciles à influencer, furent séparés de leurs parents et de leurs communautés autant qu’il était possible. Comme l’expliqua le premier ministre John A. Macdonald, alors surintendant général des Affaires indiennes :

Quand l’école est sur la réserve, l’enfant vit avec ses parents, qui sont des sauvages, et bien qu’il apprenne peut-être à lire et à écrire, ses habitudes, sa formation et sa pensée sont indiennes. Il n’est qu’un sauvage qui sait lire et écrire. En tant que ministre, j’ai été frappé par le fait que les enfants indiens devraient être soustraits autant que possible à l’influence de leurs parents, et que la seule façon de le faire est de les placer dans des écoles professionnelles centrales où ils vont acquérir les habitudes et la manière de penser des Blancs36.

Des écoles professionnelles indiennes furent établies en 1883 à Lebret, Battleford et High River37. D’autres, comme l’École professionnelle indienne de Régina, fondée en 1890, furent établies sur l’initiative des confessions religieuses. Plus fréquemment, des pensionnats moins onéreux offraient certes moins de choix dans les programmes de formation et étaient plus proches des communautés autochtones, mais isolaient tout de même les enfants de leurs familles.

Les écoles résidentielles s’avérèrent bientôt coûteuses et inefficaces. Poussées par le zèle, le confessions religieuses rivalisèrent de convertis et construisirent trop d’écoles, tandis que les inscriptions déclinaient à cause du taux de mortalité élevé chez les étudiants atteints de tuberculose et autres maladies. La dénigration de leur culture, le mal du pays, et un curriculum sans imagination conduisaient à une expérience éducative déplorable, si bien que beaucoup cherchèrent à s’échapper. Les enfants qui finalement regagnaient leurs communautés se trouvaient aliénés à la fois par les Indiens et par les Blancs. En tout, quatorze écoles résidentielles furent construites en Saskatchewan38.

La création en 1905 de la province de la Saskatchewan, dont le nom provient d’un terme cri signifiant « rivière au flot rapide », provoqua une explosion de spéculation foncière. Il emergea alors une politique visant à l’érosion des territoires autochtones par le rachat de terres dans les réserves indiennes. Alors que les Premières Nations considéraient leurs réserves comme des patries permanentes à léguer à leur descendance, leur rachat intéressait les spéculateurs et les fonctionnaires, qui croyaient que la population indienne continuerait à décliner. Les terres de réserve ne pouvaient être perdues que par un vote à la majorité en faveur du rachat, lequel ressortait de la Loi sur les Indiens, censée gérer tous les aspects de la vie autochtone. On surmonta la réticence des Premières Nations en ayant recours à des opérations frauduleuses qui impliquaient souvent les plus hauts niveaux de la bureaucratie, ainsi qu’à des moyens de coercition tels que supprimer les rations ou encourager le rachat par de larges paiements au comptant. En résultat, près de la moitié des terres de réserve indiennes du sud de la Saskatchewan furent rachetées entre 1896 et 192039.

L’influence des agents indiens sur les réserves était omniprésente : ils exerçaient un contrôle absolu, et leur autorité remplaçait celle des chefs, dont beaucoup avaient été déposés par le gouvernement fédéral. Ces agents contrôlaient les allées et venues à partir des réserves, et rien ne pouvait être acheté ou vendu sans leur permission. La loi sur les Indiens leur conférait des pouvoirs judiciaires leur permettant de lancer des accusations et d’en être juges sans que l’on puisse faire appel. Les Premières Nations tentèrent d’organiser une résistance politique : au cours d’une assemblée sur la réserve Thunderchild en 1921, la Ligue des Indiens de l’ouest du Canada fut formée sous la direction de JOHN TOOTOOSIS40. D’autres organisations telles que les Tribus Alliées, qui représentaient les bandes indiennes de la Qu’Appelle, furent également constituées.

L’Après-Guerre

Environ 100 vétérans autochtones reçurent les honneurs sur le terrain d’entraînement de la GRC le 6 juin 1995 : Gordon Ahenakew, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, sur le podium ; Howard Anderson (au premier plan à droite) et Greg Rainville, porteurs de leurs bâtons traditionnels.
Don Healy (Regina Leader-Post)

Les années 1930 et 1940 furent marquées par l’incertitude : la politique indienne était généralement considérée comme un échec, et aucune nouvelle direction n’apparaissait à l’horizon. A la fin de la Seconde Guerre mondiale (WORLD WAR II), les vétérans autochtones (ABORIGINAL VETERANS), qui s’étaient portés volontaires dans des proportions supérieures à celles de la majorité et qui avaient été sensibilisés au besoin d’émancipation, commencèrent à faire pression41. En 1951, une révision de la Loi sur les Indiens en supprima les aspects les plus archaïques, tels que l’emploi d’agents indiens. Les autochtones étaient autorisés à quitter la réserve, mais il fallut attendre 1960 avant qu’ils obtiennent du gouvernement Diefenbaker le droit de vote fédéral et les privilèges normaux de la citoyenneté. Le rapport Hawthorne, un sondage national de 1963 sur les conditions sociales des Indiens, révéla que les autochtones de la Saskatchewan étaient parmi les plus pauvres du Canada42.

Les consultations provinciales tenues par le gouvernement CCF de T.C. DOUGLAS permirent la formation en 1946 de la première organisation provinciale, l’Union des Indiens de la Saskatchewan, avec pour président John Tootoosis43 ; c’était là le précurseur de la Fédération des Indiens de la Saskatchewan, appelée plus tard la Fédération des nations indiennes de la Saskatchewan (FEDERATION OF SASKATCHEWAN INDIAN NATIONS). D’autres individus comme JOSEPH LAROCQUE, CLARENCE TROTCHIE et MALCOLM NORRIS se chargèrent de l’organisation politique des Métis. Le gouvernement CCF de la Saskatchewan accorda aux Indiens le droit de vote provincial en 196044.

Les Peuples Autochtones de la Saskatchewan Contemporaine

Définition des Catégories

Écoliers à l’école dene de Fond du Lac, janvier 1989.
Robert Watson (Regina Leader-Post)

D’après la constitution canadienne actuelle, les « populations autochtones » comprennent les « Indiens, les Inuits et les Métis du Canada »45. Les Indiens inscrits sont classés comme membres des Premières Nations qui descendent des signataires de l’un des traités. Les Indiens non inscrits sont membres des Premières Nations, principalement les Dakotas, possédant des réserves et dont on reconnait le statut indien conformément à la Loi sur les Indiens, mais qui n’ont pas signé de traités. Le terme « Premières Nations » est devenu courant après l’affirmation des droits politiques autochtones dans les années 1980. Les Indiens non inscrits sont ceux qui pour diverses raisons n’ont jamais signé de traités et ne tombent pas sous la juridiction de la Loi sur les Indiens. Les Métis, descendants d’Indiennes et de Français qui participèrent au commerce des fourrures, tirent généralement leurs origines de la région de la Rivière Rouge. Les descendants de Britanniques et d’Indiennes ont été historiquement désignés comme sang-mêlé46.

De toutes les langues autochtones (ABORIGINAL LANGUAGES), le Nêhiyawêwin (cri), qui fait partie du groupe algonquien, est le plus parlé dans la Saskatchewan, avec environ 20 000 locuteurs. Le Nahkawêwin (saulteaux), parlé surtout par onze Premières Nations dans le sud-est de la province, est le dialecte le plus occidental de la langue Ojibwa. Le Nakota, le Dakota et le Lakota sont des dialectes de la langue sioux parlée surtout aux États-Unis ; seuls quelques représentants de ces deux derniers les parlent couramment en Saskatchewan. Environ 5 100 personnes, pour la plupart au nord de la province, parlent le na-déné. Quant au mitchif, la langue des Métis, il s’agit d’un mélange de français et de cri. L’enseignement des langues autochtones dans les écoles provinciales et celles des Premières Nations est devenu chose courante.

Démographie Autochtone

La croissance de la population autochtone est plus rapide que la moyenne provinciale, et les projections démographiques indiquent que la population autochtone atteindra 32,5% en 204547. Aujourd’hui, les autochtones jouent un rôle de plus en plus important dans la province : le recensement de 2001 comptait 83 745 Indiens inscrits, 42 695 Métis et 190 Inuits – ce qui représente 13,6% de la population. Le nombre total d’Indiens portés sur les listes des 74 Premières Nations de la Saskatchewan était de 114 248 en 200348. Quant à la Nation métisse (METIS NATION), elle est sans doute composée de près de 80 000 individus.

Politique et Gouvernement

Quand fut annoncée en 1969 la politique indienne du gouvernement Trudeau, qui préconisait la cessation des traités ainsi que des droits indiens et des réserves, les Premières Nations du Canada se hâtèrent d’organiser la Fraternité indienne nationale (National Indian Brotherhood, ou NIB)49. Ce rejet de la politique gouvernementale d’assimilation représentait le premier changement important en politique indienne depuis la Confédération, et inaugurait la période contemporaine de reconquête de la culture, des droits et de l’autodétermination. Le premier président de la Fraternité fut WALTER DEITER, de la réserve Peepeekisis50. Il fut suivi d’autres dirigeants provenant de la Saskatchewan, tels que DAVID AHENAKEW and NOEL STARBLANKET. Après le rejet de la politique de 1969, la Fédération des Indiens de la Saskatchewan concentra ses efforts sur le recouvrement des droits de traité et sur la question des revendications territoriales. Parmi les dirigeants de l’organisation politique provinciale, on compte SOL SANDERSON, ROLAND CROWE et PERRY BELLEGARDE.

En 1982, la Fédération des Indiens de la Saskatchewan conclut un accord politique reconnaissant la Fédération des nations indiennes de la Saskatchewan comme représentante des intérêts collectifs des Premières Nations de la province, qui conservaient chacune leur souveraineté intrinsèque. Cette transformation était en accord avec la plus grande reconnaissance des droits autochtones qu’entraînait la Loi du Canada de 1982. La structure du gouvernement des Premières Nations (FIRST NATIONS GOVERNANCE) comprend des conseils tribaux – groupements régionaux de Premières Nations chargés d’une mission consultative et de la livraison de programmes.

Le principal objet de l’activité politique des Premières Nations, à part la récupération et la protection de leurs droits, a été la création de capacités d’autodétermination : par exemple, un accord signé par le conseil tribal de Meadow Lake avec les gouvernements du Canada et de la Saskatchewan reconnait le droit inhérent des Premières Nations à l’autonomie51. Bien que les Premières Nations dépendent encore beaucoup des accords de transfert de gouvernement, on s’attache de plus en plus à faciliter la création d’entreprises individuelles et de bandes, ainsi qu’à promouvoir une plus grande participation aux grands courants de l’économie par la formation postsecondaire et la création d’occasions d’emploi. Le Ministère des affaires indiennes alloue chaque année environ $600 million aux programmes et services autochtones tels que gouvernement, éducation, logement et développement économique.

Le Commissariat des traités (OFFICE OF THE TREATY COMMISSIONER ou OTC), créé en 1989, représente une démarche originale, conçue en Saskatchewan, pour résoudre les questions de droits territoriaux. Le Commissariat reçut un nouveau mandat en 1996 dans le but d’apprendre au public pourquoi les droits de traité existent, et en quoi ils le concernent. Il organise des discussions pour amener les Premières Nations et le gouvernement fédéral à envisager l’application des traités dans des domaines comme l’éducation, la santé et la justice. La province joue un rôle d’observateur52.

Métis et Indiens Non Inscrits

La première organisation provinciale visant à unir les Métis du nord et du sud de la Saskatchewan fut la Société métisse de la Saskatchewan, formée en 1967. Sous la direction de JIM SINCLAIR, les problèmes des Indiens non inscrits furent incorporés en 1975 sous l’égide de l’Association des Métis et des Indiens non inscrits de la Saskatchewan ( voir NON-STATUS INDIANS). Après que les Métis aient été reconnus comme une population autochtone par la Constitution de 1982, ils tournèrent leurs efforts vers l’acquisition de leurs droits et de leur autodétermination ; la nouvelle organisation politique fut appelée Nation métisse–Saskatchewan (MÉTIS NATION—SASKATCHEWAN).

Bien que la plupart vivent encore dans des communautés métisses historiques (MÉTIS COMMUNITIES) comme Lebret, Willow Bunch, Duck Lake, St. Louis, Green Lake et Buffalo Narrows, où sont situées des fermes métisses (MÉTIS FARMS), les Métis s’urbanisent de plus en plus. Les questions légales concernant les Métis et les Indiens non inscrits (MÉTIS AND NON-STATUS LEGAL ISSUES) ont fait l’objet d’une plus grande attention, surtout depuis l’inclusion des premiers parmi les populations autochtones par la Constitution de 1982 ; au premier rang figurent les droits de chasse et de pêche, ainsi que la désignation d’une base territoriale. Le manque de territoire distinct, en dehors des fermes métisses, a présenté un important obstacle à la préservation du sens communautaire, et les individus se sont fréquemment assimilés à la population majoritaire. Le dénombrement de la population métisse représente un sérieux problème, car il n’a jamais existé de liste officielle. Les populations mélangées autres que les Métis, telles que celles descendues de pères écossais et de mères autochtones et connues historiquement sous le nom de sang-mêlé (halfbreeds), ainsi que les Indiens non inscrits, qui sont culturellement autochtones mais ne sont pas reconnus par le gouvernement fédéral, sont représentés par le Congrès des populations autochtones53.

La pression politique pour reconnaître les droits des Métis, telle qu’exercée par des individus comme HARRY DANIELS et CLÉMENT CHARTIER, parvint à ses fins en 1982 : il existe maintenant un interlocuteur fédéral pour les Métis et les Indiens non inscrits, dont le rôle consiste à réaffirmer la position unique de ces populations au Canada.

Relations Autochtones-Province

Au départ, les Indiens inscrits hésitèrent à s’engager dans la politique provinciale, dans la crainte de perdre leurs droits de traité et d’être assimilés ; ils furent cependant rassurés quand le gouvernement CCF de T.C. Douglas leur accorda le droit de vote provincial en 196054. De nos jours, les relations inter-gouvernementales des Premières Nations (FIRST NATIONS INTERGOVERNMENTAL RELATIONS) concernent d’abord le gouvernement fédéral, qui s’occupe de tous les droits, y compris ceux qui tombent normalement sous la juridiction provinciale, tels que l’éducation et la santé. La Saskatchewan a joué un rôle-clé en politique indienne avec l’Accord de transfert des ressources naturelles (1930), par lequel la province s’est vue obligée de respecter les droits autochtones de chasse et de pêche, ainsi que de fournir, si nécessaire, des terres du domaine public en vue de créer des réserves indiennes.

Les provinces ont longtemps hésité à s’engager dans la politique indienne à cause des coûts énormes associés aux besoins autochtones, qui se concentrent de plus en plus sur les problèmes urbains de pauvreté, de crime, d’adoptions et de services familiaux. En Saskatchewan, le Service des relations autochtones et métisses coordonne les démêlés de la province avec les problèmes et les programmes autochtones. De plus en plus, des autochtones tels que l’ancien ministre d’État KEITH GOULET se trouvent engagés dans la politique provinciale.

Éducation

Les écoles résidentielles furent éliminées progressivement à partir de 1965, remplacées par l’imposition de traités de communautés scolaires par lesquels des places étaient achetées dans les écoles ordinaires ; mais cette politique échoua à cause du racisme et d’un curriculum inapproprié, et fut abandonnée55. L’adoption par le gouvernement fédéral en 1973 d’une politique de contrôle indien de l’éducation indienne permit la construction sur les réserves d’écoles contrôlées par les Premières Nations. Jusqu’à la période de gouvernement du CCF dans les années 1940, l’incertitude régnait quant à l’administration des affaires métisses : le gouvernement fédéral en avait laissé le soin aux provinces, tandis que celles-ci espéraient qu’il s’en chargerait56. Ceci était surtout le cas en éducation, où les gouvernements provincial et fédéral déclinaient toute responsabilité, ce qui aboutit au phénomène des « gens des bas-côtés » (road allowance people).

En réponse au fort taux d’abandon chez les autochtones, le Ministère de l’éducation de la Saskatchewan a institué un curriculum accrédité en études autochtones de la maternelle à la douxième, qui respecte les cultures, le patrimoine et les droits des Indiens57. Ces changements visent à éradiquer l’ignorance à la base du racisme qui sévit aujourd’hui. Les réformes apportées au curriculum provincial dans les années 1980 ont contribué à équiper les étudiants autochtones et autres d’opinions culturellement correctes et positives concernant les conditions et aspirations autochtones. Aujourd’hui, les enfants des Premières Nations peuvent fréquenter, ou bien une école parmi la centaine d’établissements élémentaires et secondaires situés sur les réserves, ou bien une école provinciale locale. Etant donné le nombre croissant de jeunes vivant dans les réserves et le déclin de la population rurale, les étudiants non autochtones fréquentent parfois les écoles des réserves – un contraste saisissant avec les décades précédentes.

En ce qui concerne l’éducation postsecondaire, le Centre culturel indien de la Saskatchewan (SASKATCHEWAN INDIAN CULTURAL CENTRE), fondé en 1972 et appelé à l’origine Collège culturel indien de la Saskatchewan, a reçu pour mandat de préserver la culture indienne par le truchement d’un curriculum et d’autres activités. Basée à Régina et avec des campus à Saskatoon et Prince Albert, l’Université des Premières Nations du Canada (FIRST NATIONS UNIVERSITY OF CANADA, autrefois Saskatchewan Indian Federated College, fondé en 1976), détient un mandat provincial, national et international pour répondre aux besoins postsecondaires des populations indigènes. Les Connaissances écologiques traditionnelles sont un exemple de sujet original enseigné pour sa pertinence aux problèmes actuels – dans ce cas, l’environnement. Jusqu’en 2004, cette institution avait conféré des diplômes à plus de 2 500 étudiants. L’Institut des technologies des Indiens de la Saskatchewan (SASKATCHEWAN INDIAN INSTITUTE OF TECHNOLOGIES, autrefois Saskatchewan Indian Community College, fondé en 1976) a pour mission de pourvoir à une éducation postsecondaire autre qu’académique.

Hôpital indien de Fort Qu’Appelle, mai 1996.
Bryan Schlosser (Regina Leader-Post)

De même, la Nation métisse-Saskatchewan a établi des institutions telles que l’Institut Gabriel Dumont (GABRIEL DUMONT INSTITUTE), qui met en place des programmes comme le Programme d’éducation des enseignants autochtones urbains de la Saskatchewan (SASKATCHEWAN URBAN NATIVE TEACHERS EDUCATION PROGRAM, ou SUNTEP) et offre une formation postsecondaire de nature technique.

Questions de Santé

Le traitement de maladies comme la tuberculose a contribué à l’amélioration de la santé autochtone (ABORIGINAL HEALTH)58. Le caractère de la pathologie autochtone a changé : le diabète et le sida présentent maintenant les défis les plus importants. Le bien-être des autochtones traîne loin derrière celui du reste de la société, avec une mortalité infantile deux fois, et un taux de diabète quatre fois, le taux national. Le secteur Premières Nations et Inuits de Santé Canada pourvoit de capital les cliniques communautaires des réserves, ainsi que les hôpitaux indiens comme ceux de Fort Qu’Appelle et Battleford.

Gestion des Territoires et Revendications

Parmi les problèmes à affronter on compte : gérer les terres et le capital, renforcer les capacités en ressources humaines, et diversifier l’économie en facilitant l’intégration avec les régions avoisinantes. Les territoires des réserves sont tenus en commun par les Premières Nations, mais les familles individuelles ont le droit d’occuper certains endroits spécifiques. Le fait que les terres ne peuvent être vendues pose un obstacle à la levée de capitaux, qui peut en avoir besoin comme garantie ; la Loi sur les Indiens ne permet pas de taxer la propriété, et les membres des Premières Nations ne peuvent pas être poursuivis en justice59.

Il existe plusieurs catégories de revendications territoriales autochtones (FIRST NATIONS LAND CLAIMS). Céder des terres signifie enlever des portions de territoire à des réserves qui existaient déjà. Bien que les Premières Nations aient considéré leurs réserves comme iskunikan, c’est-à-dire patries pour les générations à venir, les spéculateurs fonciers s’acharnèrent à leur rachat pendant la période de colonisation allant de 1896 à 1913. Leurs tactiques consistaient à priver les autochtones de leurs rations, à suspendre leurs privilèges, à leur faire de grosses offres financières, et même à user de fraude: en fin de compte, 576 781 acres de terres de réserve furent cédés dans les prairies. Les investigations concernant ces irrégularités ont abouti à des règlements financiers considérables60.

Le régime d’indemnité foncière porte sur les territoires que les traités d’origine donnaient aux Premières Nations, mais qui ne furent jamais attribués à cause, par exemple, d’une participation présumée à la Résistance du Nord-Ouest. D’après l’indemnité foncière « formule Saskatchewan » qui date de 1976, l’attribution de territoires de réserve serait basée sur la population des bandes au 1er décembre 1976 ; mais trois revendications seulement ont été réglées de cette manière. Une solution plus efficace vit le jour avec l’Accord de convention collective sur l’indemnité foncière, signé en 1993 et qui contribuait $539 millions à l’achat de territoires qui étaient encore dûs aux Premières Nations d’après les termes des traités61.

Développement Économique

Le manque de bases économiques suffisantes est l’un des plus graves problèmes auxquels ont fait face les Premières Nations. L’agriculture indienne a été historiquement un échec, à cause de politiques gouvernementales inadéquates et d’un manque de soutien concernant la modernisation technologique ; l’agriculture ne s’est donc pas avérée être le salut économique que promettaient les traités. L’économie des réserves dépend encore largement des paiements de transfert du gouvernement : les occasions d’emploi sont peu nombreuses, et le chômage demeure élevé.

De nos jours, le développement économique des Premières Nations (FIRST NATIONS ECONOMIC DEVELOPMENT) est de plus en plus mondialisé ; parmi les exemples on compte la Kitsaki Development Corporation, ainsi que diverses réserves satellites urbaines telles que le centre commercial McKnight à Saskatoon62. Quelques Premières Nations ont contribué des capitaux à la Saskatchewan Indian Equity Foundation, et la Banque des Premières Nations du Canada (FIRST NATIONS BANK OF CANADA) offre un financement sélectif aux entreprises de développement économique. Quant aux Métis, la Sasknative Economic Development Corporation (SNEDCO) offre des prêts pour le développement des petites entreprises.

L’expansion des entreprises autochtones est aujourd’hui l’une des plus rapides de l’économie provinciale : il existe actuellement plus de mille entreprises privées ou appartenant aux bandes63. Les jeux d’argent sont devenus un aspect important de l’économie des Premières Nations de la Saskatchewan. Le premier casino fut ouvert par les Premières Nations de Whitebear au mépris des désirs de la province, et en 1995 fut conclu un accord qui entraîna la création de quatre casinos contrôlés par des Premières Nations et exploités par la SASKATCHEWAN INDIAN GAMING AUTHORITY. En 2002, une convention collective sur les jeux fut signée pour 25 ans. Des $29,4 millions de bénéfices réalisés en 2003, 37,5% sont allés au gouvernement provincial, 37,5% à la caisse centrale des Premières Nations, et 25% à des corporations de développement communautaire64.

Urbanisation

Depuis les années 1960 les individus et les familles autochtones, encouragés au départ dans cette tendance par les politiques gouvernementales d’assimilation, se tournent vers les centres urbains à la recherche d’éducation et d’occasions d’emploi : 47% de la population autochtone résident à présent dans ces centres urbains, mais à cause du racisme et du manque de formation, de vastes zones de pauvreté ont fait leur apparition à Régina et à Saskatoon. Ce phénomène s’accompagne d’un taux de criminalité élevé, de l’existence de bandes organisées, et d’un fort pourcentage d’incarcérations65. Les amicales indiennes et métisses (voir ABORIGINAL FRIENDSHIP CENTRES OF SASKATCHEWAN) virent le jour dans les années 1960 avec pour but de faciliter la transition des autochtones dans les régions urbaines, et commencèrent à recevoir un financement fédéral en 1972, sous couvert du programme Populations autochtones migrantes. Aujourd’hui, treize centres continuent à offrir des programmes de soutien social en Saskatchewan.

Un bon présage pour l’avenir est la création de réserves urbaines (URBAN RESERVES)66 : il existe à présent plus de vingt réserves satellites urbaines, dans les centres urbains de Saskatoon, Régina et Prince Albert, ou dans leurs environs. Ces réserves offrent aux Premières Nations une occasion unique de participer à l’économie majoritaire et de profiter de meilleures opportunités d’emploi.

Conditions Socio-Économiques

La population autochtone demeure jeune, et son taux de naissances, bien qu’en diminution, reste élevé : 49,9% sont au-dessous de 20 ans, comparé à 26,5% dans le reste de la population. En termes de bien-être, les autochtones sont encore parmi les plus défavorisés et les moins éduqués de la société. Ils souffrent aussi d’un taux de chômage de 23% -- cinq fois celui (4,8%) du reste de la population67. Les autochtones sont toujours sérieusement sous-représentés dans les professions médicales et judiciaires. A Saskatoon, 64% de la population autochtone se situent au-dessous du seuil de pauvreté, comparé à 18% chez le reste des habitants. Le logement reflète cette situation – comme d’ailleurs les statistiques de criminalité et d’incarcération. Le taux de mortalité est élevé ; les adoptions et l’offre de services sociaux efficaces sont des sujets d’inquiétude. Il existe encore des disparités dans les régions rurales, où les jeunes autochtones sans possibilité d’emploi et sans accès à des équipements de loisir se trouvent souvent impliqués dans des activités criminelles. Les femmes autochtones (FIRST NATIONS WOMEN) ont également fait face à leurs propres problèmes sociaux : elles avaient perdu leur statut indien sous le coup de la Loi sur les Indiens, mais elles ont pu, avec leurs enfants, postuler leur réintégration grâce au projet de loi C-31 (1985). L’Association des Indiennes de la Saskatchewan représente les femmes autochtones de la province.

Droit et Justice

Les droits autochtones de chasse et de pêche sont depuis longtemps l’object de disputes, car la mise en place de droits de traités sous protection fédérale est en conflit avec la gestion de la faune sauvage provinciale ; un compromis consiste à impliquer les Premières Nations dans leurs propres initiatives de conservation et de délivrance de permis68. Les droits de captation d’eau représentent une autre controverse, car la gestion provinciale de l’eau empiète souvent sur les territoires indiens. Le système judiciaire fait face à de sérieux défis lorsqu’il s’adresse aux autochtones, étant donné qu’ils représentent plus de 70% des détenus dans les établissements correctionnels de la province. Les enquêtes sur la mort par le froid d’autochtones en dehors de Saskatoon, telle la commission d’enquête sur la mort de Neil Stonechild69, ont mis l’accent sur les relations avec la police. La commission de réforme judiciaire de la Saskatchewan, établie en 2001 pour ouvrir des enquêtes, a recommandé la création d’un organisme indépendant d’investigation des plaintes70.

Danseur autochtone, parc du patrimoine de Wanuskewin
Tourism Saskatchewan

Une des solutions en cours d’étude consiste à développer les services de police autochtones en favorisant le recrutement dans des organismes tels que la Gendarmerie royale du Canada, et en concluant des accords pour la formation de forces de police autochtones basées sur les réserves. Les tribunaux commencent également à clarifier les problèmes légaux des Métis et des Indiens non inscrits (MÉTIS AND NON-STATUS INDIAN LEGAL ISSUES), les questions de chasse et de pêche, et la justice restauratrice (RESTORATIVE JUSTICE).

Arts Autochtones Contemporains

Tandis que les arts autochtones traditionnels comme le travail des perles et des cuirs sont florissants, des artistes contemporains tels que ALLEN SAPP et GERALD MCMASTER explorent de nouvelles façons d’interpréter l’expérience autochtone (voir ABORIGINAL ARTISTS, CONTEMPORARY et ABORIGINAL ARTISTS, TRADITIONAL). La communauté artistique des Premières Nations de la Saskatchewan a vu naître des chanteurs de renommée internationale comme BUFFY SAINTE-MARIE et TOM JACKSON, ainsi que des acteurs comme GORDON TOOTOOSIS. Il existe un intérêt croissant pour le théâtre autochtone (ABORIGINAL THEATRE): par exemple, le Saskatchewan Native Theatre, fondé à Saskatoon par des dirigeants culturels en 1999, a suscité un grand intérêt et a été bien épaulé par la communauté.

Les médias autochtones virent le jour dans les années 1960 avec la création de magazines tels que The Saskatchewan Indian et The New Breed. Il existe à présent des stations de radio et des programmes de télévision adressés à un public autochtone. Il y a également une communauté d’écrivains en plein essor, parmi lesquels on distingue l’écrivaine métisse MARIA CAMPBELL71.

Le tourisme culturel autochtone attire un nombre croissant de visiteurs internationaux, qui peuvent assister à divers pow-wows et apprécier des sites culturels comme le parc du patrimoine de Wanuskewin (WANUSKEWIN HERITAGE PARK), non loin de Saskatoon. Les journées Retour à Batoche (Back to Batoche Days), qui prennent place chaque juillet dans le site historique aménagé de BATOCHE, constituent le principal rassemblement culturel et social des Métis.

Le Nord

Plus de 80% des quelque 40 000 habitants du nord de la Saskatchewan sont autochtones. Bien que les populations nordiques affrontent des problèmes particuliers à cause de leur situation géographique et de leur petit nombre, les membre autochtones ont l’occasion de jouer un rôle-clé dans des domaines tels que la gestion des ressources et la protection de l’environnement. Les investissements du Grand conseil de Prince Albert dans un grand nombre d’entreprises économiques comprenant hôtels et bureaux, ainsi que les corporations comme la société en commandite simple Kitsaki (Kitsaki Management Limited Partnership), appartenant à la bande de La Ronge, ont fait des Premières Nations du nord quelques-unes des plus prospères et progressives de la province. Parmi les autres activités économiques, on compte le guidage, la pêche, et la récolte de riz sauvage (WILD RICE) et de baies. La Nation métisse-Saskatchewan concentre ses efforts vers la création d’une patrie métisse dans le nord-ouest de la province.

Vers un Avenir Commun

Les observateurs utilisent parfois l’expression « deux solitudes » quand ils discutent des relations entre autochtones et non-autochtones. Cependant, quand on considère le degré de ségrégation qui existait avant les années 1960 avec la politique fédérale consistant à isoler les Indiens dans leurs réserves, il y a eu depuis des changements spectaculaires. Avec davantage d’accès aux soins médicaux, les Premières Nations ont fait de grands progrès pour ce qui est de la santé, si bien que d’une « race en voie de disparition » elles sont devenues la population provinciale jouissant de la plus grande expansion. Aujourd’hui, près de la moitié des enfants qui entrent à l’école sont d’origine autochtone, et on prévoit qu’à la fin du 21ième siècle les individus ayant une ascendance autochtone seront en majorité.

Les autochtones ont défendu et affirmé leurs droits avec succès, ce qui a apporté à la province des centaines de millions de dollars fédéraux. Bien que le taux de chômage demeure élevé, la participation en éducation a considérablement augmenté, surtout au niveau postsecondaire. D’autres problèmes, tel celui de mettre de la vie dans l’économie des réserves rurales, vont demander beaucoup d’imagination, d’engagement et de soutien dans le développement. La vie a changé énormément pour les autochtones de cette province – avec d’abord le commerce des fourrures, puis la période des réserves, et maintenant les centres urbains – mais il s’agit ici de survie, d’adaptation et de versatilité. On peut espérer un avenir où, comme le voulait la vision des signataires des traités, les sociétés autochtone et non autochtone coexisteront dans le respect de leurs cultures et de leurs droits. En dépit des défis à affronter, les autochtones de la Saskatchewan vivent une renaissance sociale et culturelle. La société toute entière ne pourra que se trouver enrichie lorsque les Premières Nations reprendront le contrôle de leur destinée et redeviendront une force vitale dans les terres qu’elles considèrent avec raison comme leur patrie.

Citations

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Contributor: Blair Stonechild
Translated By: Patrick Douaud

Print Entry

Lectures

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